Une archéologoe du soi

04 - 12 mars 2022

28 rue st Gilles Paris 3 eme

Une archéologie du soi

 

L’archéologie est une science et discours sur les origines. La méthodologie archéologique demande de passer par trois étapes de recherche : la retrouvaille d’une trace, sa construction, et sa restauration. Avec nos artistes l’archéologie devient du soi ; leurs œuvres deviennent l’action qui fait sortir de la terre un morceau de sens, de l’histoire et de l’intime qui s’en fuit.

Leur acte de dépouillement de sources est sur les archives, les rêves, les histoires orales de leurs familles et les synesthésies entre les auteurs du monde européen et des Amériques.

 L’exercice archéologique du soi ici est construit par l’imaginaire des artistes. Grâce à cette recherche elles nous présentent l’expérience du passé comme durée, qui se retrouve dans le présent, dans les gestes, dans les pensées, dans les recherches et visions.

 

Les vestiges de l’existence d’un passé silencié leur permettent de constituer une mémoire collective, qui est vivante. Ainsi, elles passent les trois étapes de cette science : elles repèrent des retrouvailles d’elles-mêmes, à travers l’acte artistique elles commencent le processus de reconstruction de soi, et peuvent restaurer leur histoire qui est au même temps séculaire et éphémère.

 

Avec cette exposition, elles nous dévoilent des traces résiduelles d’elles-mêmes, et nous montrent que le présent a toujours été fait par une stratification de couches multi-temporelles.

 

Grâce à cette archéologie du soi, les artistes permettent un rétablissement d’identité. Les traces signent la présentification du passé, qui devient durée en les accompagnant. Ainsi nous, le public suit ces traces en nous amènant dans un état liminal temporel, entre la présence et l’absence. Leurs traces, comme exposé des origines, prennent des formes variées. Leurs histoires restaurées s’engendrent en nous-mêmes.

 

Giana De Dier nous présente sa pratique de la trace grace à la formulation des collages à technique mixte qui montre la vie des migrants afro-caribéens dans son pays, le Panama. Les archives nationales et panafricaines anonymes deviennent des objets vivants qui « dialoguent » avec les histoires de sa famille, de sa grand-mère et des femmes qui ont migré pendant la construction du canal. Le collage fonctionne comme une mosaïque qui trans-forme sa généalogie. 

 

Françoise Semiramoth propose un dialogue entre les signes de lumière de la littérature caribéenne et celle de l’aniciens chefs d’œuvre du Caravage. Elle le créolise en le plongeant dans la nature tropicale. Comme dans le manifeste anthropophagique, elle incorpore le Caravage comme si elle était dans un banquet artistique et littéraire, pour accomplir la transformation de la couleur, dans une danse sensorielle avec les textes de Maryse Condé.

 

Sandrine Plante nous trace ses messages oniriques des relations du passé qui sont toujours aussi du présent. Elle se (re)trace en croisant les états spatiotemporels qui lient ses deux pays : la France et la Réunion. Son archéologie se montre dans le geste plastique, en nous offrant une connexion thérapeutique avec les personnages capitaux des sociétés aussi intérieures. L’univers intime prend forme dans le présent et dans le futur, en réjouissant les forces spirituelles et d’amour.

Maica Gugolati

Dossier de presse  

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